Je considérais le vieux comme une espèce tellement obsolète qu'il en était risible. Je tentais, afin qu'il puisse conserver toute sa dignité, de prendre en compte le fait qu'il était le noble descendant des reptiles mammaliens ayant vieillit entre 543 à 250 millions d'années avant le Jésus : inutile de préciser que cela n'eut aucune incidence sur mon odieux comportement. Et puis soudain le rire a jaillit. Il a duré tellement longtemps que je n'ai pas vu le train qui a fermé ses portes et glissé, ni n'ai pu esquiver la volaille surexcitée qui s'échappait des rails dénudés. Tout s'est alors emballé, dans le pieux respect des histoires pour grand public : le sol s'est fendu dans un fracas assourdissant mais pas trop, afin qu'on puisse entendre les cordes, les cuivres, et les voix androgynes célébrer le pathétique de la situation ; puis les visages des pédestres se sont allongés de sorte qu'ils aient l'air maléfiques, formulant leur laideur en accompagnant ma chute de mots si gros que je ne peux les citer. Et après, curieusement, je me suis retrouvée sur le quai à attendre le train ; le vieux de l'autre coté, les neutres composant quelque poésie sur les temps modernes et les vacances des politiciens, tous posant identiquement qu'au commencement de ces quelques lignes.
Alors je suis partie. Je n'ai pas pris le train. Je n'ai pas ri. J'ai marché sur les pavés mi-mous, mi-jaunes, jusqu'à ce qu'ils durcissent.
Puis j'ai commencé à croiser les menteurs et les amants. Je n'ai pas pleuré. Je les ai laissé, eux et leurs figures mi-sucrées, mi-plumées.
Ensuite j'ai ralenti car il n'y avait plus rien à constater, outre à ma gauche une saisissante odeur d'urine.
****Enfin, comme je n'avais plus rien à raconter, je me suis assise sur le sol brûlant et je l'ai attendu.