Ça faisait un bail, vieux pote. Je t'ai reluqué, fouillé, gratouillé : t'es tellement jeune que ça m'a fait quelque chose dans la rate. Alors je suis venue de nouveau. Et encore.

Je considérais le vieux comme une espèce tellement obsolète qu'il en était risible. Je tentais, afin qu'il puisse conserver toute sa dignité, de prendre en compte le fait qu'il était le noble descendant des reptiles mammaliens ayant vieillit entre 543 à 250 millions d'années avant le Jésus : inutile de préciser que cela n'eut aucune incidence sur mon odieux comportement. Et puis soudain le rire a jaillit. Il a duré tellement longtemps que je n'ai pas vu le train qui a fermé ses portes et glissé, ni n'ai pu esquiver la volaille surexcitée qui s'échappait des rails dénudés. Tout s'est alors emballé, dans le pieux respect des histoires pour grand public : le sol s'est fendu dans un fracas assourdissant mais pas trop, afin qu'on puisse entendre les cordes, les cuivres, et les voix androgynes célébrer le pathétique de la situation ; puis les visages des pédestres se sont allongés de sorte qu'ils aient l'air maléfiques, formulant leur laideur en accompagnant ma chute de mots si gros que je ne peux les citer. Et après, curieusement, je me suis retrouvée sur le quai à attendre le train ; le vieux de l'autre coté, les neutres composant quelque poésie sur les temps modernes et les vacances des politiciens, tous posant identiquement qu'au commencement de ces quelques lignes.
Alors je suis partie. Je n'ai pas pris le train. Je n'ai pas ri. J'ai marché sur les pavés mi-mous, mi-jaunes, jusqu'à ce qu'ils durcissent.
Puis j'ai commencé à croiser les menteurs et les amants. Je n'ai pas pleuré. Je les ai laissé, eux et leurs figures mi-sucrées, mi-plumées.
Ensuite j'ai ralenti car il n'y avait plus rien à constater, outre à ma gauche une saisissante odeur d'urine.

*
*
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Enfin, comme je n'avais plus rien à raconter, je me suis assise sur le sol brûlant et je l'ai attendu.

   Ça faisait un bail, vieux pote. Je t'ai reluqué, fouillé, gratouillé : t'es tellement jeune que ça m'a fait quelque chose dans la rate. Alors je suis venue de nouveau. Et encore.

# Posté le mardi 10 novembre 2009 14:57

Modifié le jeudi 12 novembre 2009 13:34

are you gonna leave me now

Le dégel les a découvert
Et le peu de résignation qui lui restait a fondu, s'est jeté dans le sable. Si tu pouvais te souvenir, au plus tôt de ce matin noir, quand la joie encore glacée entourait et soutenait tes jambes, tes pas, ta réflexion ; mais coupée en son ascension elle déchoie et s'étale à tes pieds. Dommage que tu l'ai senti si tard. Tu faisais des vagues avec, des torsades, des boudins, des boulettes, des petits cubes aux bords ronds, des bonshommes bien roulés, des monstres attendrissants ; tes ongles s'émerveillaient et ça te rassurait. Rassurant, rassurant, le temps qu'il reste, le temps qu'il faut, confiance. Comprend moi_mais tu n'y arrives même pas_conçoit alors : tu as toujours eu peur. De ce que tu ne pourras jamais faire, beaucoup, de ce que tu devras te résoudre à faire, constamment. Aller à contre sens des fluctuations improbables de ta logique, faire abstraction de ta conscience malade, maquiller tes fuites, accepter les bégaiements de tes pieds hauts perchés, trouver en une timidité bénie l'excuse à tous tes non-actes. Tu es désormais contrainte à fouiller la jungle proliférante et exponentielle de tes tours et détours afin de trouver des ébauches d' "en attendant" à mettre au jus avant d'entrer en scène, t'éloignant par la même occasion du caillou où s'abreuve la solution à long terme de ton problème. Espérons que tu manqueras d'eau.
are you gonna leave me now

# Posté le vendredi 04 septembre 2009 12:49

Modifié le vendredi 04 septembre 2009 13:10

# Posté le jeudi 20 août 2009 15:22

Modifié le jeudi 20 août 2009 15:36

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 07:55

Modifié le lundi 27 juillet 2009 10:44

EFFROI

  EFFROI

# Posté le mardi 05 mai 2009 13:59